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Disney's Hotel Cheyenne

Calamity Jane

Par
le
3 mars 2019

Aujourd’hui nous nous concentrons sur un personnage de légende, disposant d’un bâtiment à son nom au Disney’s Hotel Cheyenne, j’ai nommé : Calamity Jane.

Son histoire est indissociable de la conquête de l’Ouest, qui débutera en 1803, et plus particulièrement de la deuxième partie des années 1800, après la première grande ruée vers l’Or. La conquête de l’Ouest étant un thème particulièrement vaste, et, très représenté à Disneyland Paris, cela fera sans doute l’objet d’un article à part entière.

Une enfance difficile

Née en 1856 dans le Missouri, Calamity Jane ou Martha Jane Cannary de son vrai nom, était une vraie légende de son vivant. De telle sorte que, démêler le vrai du faux en est parfois compliqué.

Premier enfant d’un couple de fermiers sans le sou (elle sera bientôt rejointe par ses cinq frères et sœurs), elle sera très vite déracinée, voyageant de régions en régions pendant des mois. A la recherche d’une vie meilleure, en quête d’argent ou pour fuir les différents avec la population locale… Le père de famille n’ayant pas toujours bonne réputation.

Étant l’ainée, elle aide très tôt son père dans la chasse, monte à cheval, et y prend goût, se forgeant par là même son âme d’aventureuse. Malheureusement, sa mère décède alors que Martha est encore jeune, et son père disparait, sans que l’on sache si cela fût volontaire ou non. Nous sommes alors aux alentours de 1868.

Une ascension rapide

Elle voyage encore et atterri alors dans un bordel non loin de Piedmont, dans le Wyoming, et y travaille pendant plusieurs mois, occupant ici différents postes plus ou moins nobles. Néanmoins, ce travail lui permettra de se rapprocher de militaires, et ses talents à cheval et au maniement d’armes aidant, elle réussira à intégrer ses premières missions. A cette époque, il n’y avait pas de femme dans l’armée. Elle s’impose et devient extrêmement populaire, et c’est bientôt toute l’Amérique qui entendra parler d’elle.

Un nom qui ne s’oublie pas

Sa vie devient alors rapidement une succession d’aventures, passant par des missions militaires, éclaireuse ou chercheuse d’or, braqueuse de banque (ce qui lui vaudra de nombreux séjours en prison), elle part à l’aventure de la conquête de l’Ouest, participe aux guerres indiennes… Ses aventures lui vaudront de rencontrer d’autres légendes de l’Ouest, du général Custer à Wild Bill Hickok, avec qui elle fera d’ailleurs route jusqu’à Deadwood qu’elle verra naitre. Pas étonnant que son nom résonne d’Ouest en Est… Son surnom serait d’ailleurs dû au fait qu’elle se trouva de nombreuse fois mêlée à des aventures malheureuses, aussi bien dans ses missions que dans sa vie personnelle.

Big Thunder Mountain Mining Co Canyon
Une mine en plein canyon : un des paysages typiques de l’Ouest
Focus on Magic

Tout n’est pas rose pour Martha

Sa vie personnelle est en effet entachée par l’alcool, qui l’accompagna de sa jeunesse à sa mort. Pour sa défense, il était certainement plus facile de trouver de l’alcool que de l’eau potable lors de la conquête de l’Ouest. Elle fut également malheureuse par un désir inassouvi d’avoir une vraie famille : elle n’a jamais pût avoir une relation pérenne avec un homme, et perdit son petit garçon très tôt. Quant à sa fille, elle s’en éloigna vers 1896 pour ne plus la revoir.

Une légende vivante

Néanmoins, ce n’est pas pour cela que Calamity Jane était la femme la plus populaire des États-Unis de la fin du XIXème siècle. Ses nombreuses aventures étaient contées, et bien sûr complètement romancées, par tous les journaux. Son nom et son image faisait tellement vendre que de nombreux « journalistes » n’hésitaient pas à raconter des histoires totalement inventées. Elle avait même son personnage de bande dessinée. Tellement célèbre que certains pensaient même qu’elle n’existait pas ! Il faut dire que même Martha en a joué, en vendant sa propre autobiographie, où le vrai du faux était indémêlable et les passages les plus sombres écartés ; certainement qu’elle-même ne pouvait retracer son histoire de manière authentique…

Calamity jane vers 1880
Calamity Jane vers 1880
Domaine public

Née à la mauvaise époque ?

Elle devient malgré elle, un modèle d’émancipation féminine, étant même un idéal de liberté pour de nombreuses jeunes filles de la fin du XIXème siècle. Une femme en avance sur son temps ? Peut-être, toujours est-il que tout cela était purement inconscient. Calamity Jane ne se faisait pas passer pour un homme ni ne revendiquait sa liberté, elle était elle-même, tout simplement.

Une fin tourmentée

Justement, en cette fin du XIXème siècle, elle part à l’Est. Elle est invitée à participer à de nombreux shows pour lesquels le public vient en masse, et fera partie de l’exposition Pan-américaine qui se tient à Buffalo en 1901 – exposition géante sur la conquête de l’Ouest. Cependant, et, cela en surprendra plus d’un, malgré son amitié avec le général William Frederick Cody, alias, Buffalo Bill, elle ne participa jamais au Buffalo Bill’s Wild West Show. Les raisons pour sa non-participation au show ne sont pas connues mais il semblerait que Buffalo Bill ne l’ait jamais invitée à se joindre à lui. Respect pour son amie, difficulté à gérer son caractère bien trempé ou encore peur d’être dans l’ombre de cette légende, chacun y va de son avis. Ces deux personnages resteront cependant liés dans l’imaginaire collectif, y compris à l’époque ; certainement qu’elle fut confondue avec Annie Oakley, tireuse hors pair, qui était, elle, bien aux côtés de Buffalo Bill dans ses shows (et encore aujourd’hui dans La Légende de Buffalo Bill avec Mickey et ses Amis). Le temps passe et Martha se rend à l’évidence, cette vie dans l’Est ne lui plait pas. Les villes y sont modernes : foule, buildings, transports en commun… Elle ne se reconnait pas dans cette vie. Sans le sou, elle retourne dans l’Ouest par le train. Son billet de retour lui sera d’ailleurs offert par son ami, Buffalo Bill.

affiche Buffalo Bill's Wild West Show en 1899
Affiche originale du Buffalo Bill’s Wild West Show, vers 1899.
Bibliothèque du Congrès des États-Unis

De retour à Deadwood, en 1901, elle voit cependant que cette ville de l’Ouest a également changée. La conquête de l’Ouest est en effet une époque désormais révolue. Calamity Jane mourra 2 ans plus tard, en 1903, alors âgée de 47 ans. Signe que son monde appartient désormais au passé, sort alors cette année-là au cinéma, le premier grand Western : Le Vol du grand rapide.

Son enterrement accueillera une foule immense, les États-Unis perdant alors leur plus grande légende féminine de l’époque. Sa tombe est toujours présente à Deadwood à côté d’une autre légende, Wild Bill Hickok, qu’elle avait croisée plus tôt dans sa vie.

Intemporelle

Aujourd’hui, son nom résonne encore dans toutes les têtes lorsque l’on évoque la conquête de l’Ouest. Alors, la prochaine fois que vous dormez au Disney’s Hotel Cheyenne, prenez donc un moment pour regarder les noms de légendes qui font de cet hôtel un véritable décor de Western !

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Bloc Calamity Jane au Disney’s Hotel Cheyenne
Inside our Suitcase

Pour en savoir plus : Calamity Jane, Mémoires de l’Ouest, de Gregory Monro aux éditions hoëbeke

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